Karma
Instinctive dérive - 2007
Ne me dis pas que t’as l’envergure de l’aigle.
Ne me dis pas, que tu t’ai jamais senti faible.
Ne me dis pas que tu t’es jamais senti dépassé.
Ne me dis pas que t’as jamais flanché,
ça me ferait bien marrer, tu serais bien le premier
à ne pas avoir à te coltiner de sales plaies salées
par des sentiments surdimensionnés.
Ou bien ça pourrait signifier
que t’es pas humain où du moins que tu vis loin,
caché dans un château fort,
surprotégé par des gardes du corps surentraînés.
Surveillance renforcée 24 sur 24 pour parer aux intolérables
intrusions de corps étrangers donc propices à l’apport de changements,
propices à l’épanouissement.
Ce qui ferait transparaître tes torts. Ce qui ferait trembler ton décor.
Ce qui ferait office de révélateur pour ta teneur en tristesse, en rancune, en faiblesses.
Ce qui ferait s’écrouler ton édifice. Ce qui ferait s’écraser ta forteresse.
Ce qui ferait office de révélateur pour ta teneur en tristesse, en rancune, en faiblesses.
Sache qu’accepter ses faiblesses n’en n’est pas une
Lâche tes grands principes, tous tes us et coutumes
Crache tous tes réflexes, les complexes qui te consument
Arrache ton armure de certitudes et assume.
Tu te sens invincible, à l’abri
dans un champ de force invisible.
Un îlot insubmersible,
d’apparence dure comme le granite
mais dont les parois s’effritent.
A l’intérieur tu saigne mais faut pas que ça s’ébruite…
A convoiter la vanité, tu te disperses dans des broutilles :
Dans la frivolité la pacotille, la futilité des choses qui brillent.
Comme Narcisse, sans t’en apercevoir,
tu t’es épris d’amour pour ton reflet dans le miroir.
Si personne n’arrive à la hauteur de tes chevilles enflées,
ton talon d’Achille n’est pas hors de portée.
Donc ravale ta suffisance, balance tes privilèges.
Abrège, ton pouvoir d’orateur se désagrège !
Il est temps pour l’humanité que l’humilité
ne soit plus une force délaissée,
mise de côté, portée par la rareté.
Il est temps de brûler le premier degré
dans les flammes de l’autodérision,
il est temps de jouer cartes sur table.
Il est temps de multiplier les gammes de vision,
il est temps de déployer ses ailes comme un ptérodactyle,
de déclamer ses vers comme un ultimatum
et de les clamer haut et fort au mégaphone,
dans un ultime effort.
quitte à finir sourd et aphone,
quitte à finir en camisole !

